En République démocratique du Congo, le climat politique se tend à l’approche de la session parlementaire de mars. Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, fait désormais face à une motion de défiance initiée par le sénateur Dany Kabongo Bondanya. L’initiative, annoncée le 5 mars, intervient à seulement neuf jours de la rentrée parlementaire au sein du Sénat de la République démocratique du Congo.
Selon l’auteur de la motion, les propos tenus récemment par Bahati Lukwebo constitueraient un « manque de respect » envers le président de la République, Félix Tshisekedi, considéré comme l’autorité morale de la coalition au pouvoir, l’Union sacrée de la nation. Le sénateur Kabongo estime qu’en raison de ses responsabilités institutionnelles et politiques, le deuxième vice-président du Sénat aurait dû consulter le chef de l’État avant de s’exprimer publiquement sur la question sensible de la Constitution.
À l’origine de cette polémique se trouvent les déclarations faites par Bahati Lukwebo le 4 mars lors d’un échange avec la presse à Kinshasa. Le leader de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) s’était clairement opposé à toute révision ou modification de la Constitution, estimant que la RDC ne souffre pas d’un problème de textes juridiques, mais plutôt d’un déficit dans leur application par les dirigeants. Pour lui, le débat autour d’un changement de la loi fondamentale constitue « un faux débat », appelant plutôt les responsables politiques à se concentrer sur les préoccupations réelles de la population.
Ces propos ont suscité des réactions au sein de la majorité présidentielle. Plusieurs cadres de l’Union sacrée ont jugé cette position contraire à la ligne défendue par certains acteurs du pouvoir qui évoquent la possibilité d’une révision constitutionnelle dans le futur.
La motion de défiance annoncée pourrait ainsi ouvrir un nouvel épisode de tensions politiques au sein de la coalition au pouvoir, à un moment où la question de la réforme constitutionnelle continue d’alimenter le débat dans la classe politique congolaise.
JOEL NDEWASA





