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Dans un entretien accordé au média belge La Libre Belgique, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, sort de son silence avec une série de déclarations percutantes qui relancent le débat politique national. Entre accusations directes contre Félix Tshisekedi, défense stricte de la Constitution et critiques du pouvoir actuel, ses propos font déjà grand bruit.
D’entrée de jeu, Kabila évoque la rupture entre sa famille politique et le camp de Félix Tshisekedi. Il confirme l’existence d’un accord signé en 2019 entre le FCC et la plateforme CACH, mais accuse clairement le président actuel d’avoir trahi cet engagement dès le départ. Selon lui, ce partenariat n’a jamais été respecté, ce qui a précipité la fracture politique.
Sur la question sécuritaire, Kabila remonte jusqu’en 2001 pour défendre sa position. Il affirme avoir privilégié la voie du dialogue lors de discussions à Luanda, mais que certains acteurs avaient opté pour la guerre. Une manière, selon lui, de se dédouaner des conflits persistants à l’Est du pays, qui continuent encore aujourd’hui de faire des victimes.
L’ancien chef de l’État se montre particulièrement ferme sur la Constitution de 2006. Il la qualifie de « sacrée » et rejette toute idée de révision. Pour Kabila, le problème ne réside pas dans le texte fondamental, mais dans ce qu’il appelle un « petit clan » au pouvoir, accusé de vouloir s’y maintenir par tous les moyens. Il met en garde contre toute tentative de modification qu’il considère comme un « tripatouillage dangereux ».
Dans la même logique, il insiste sur le respect strict de la limitation des mandats présidentiels, refusant tout débat autour d’un éventuel troisième mandat. Il affirme que cette question relève des principes démocratiques et non des ambitions personnelles.
Kabila va plus loin en dénonçant ce qu’il qualifie de dérive autoritaire du régime actuel. Il appelle les Congolais, y compris ceux de la diaspora, à se mobiliser contre ce qu’il décrit comme une « tyrannie ». Il invoque même l’article 64 de la Constitution, qui autorise la résistance face à toute prise de pouvoir illégitime.
Son bilan des dernières années est sans concession : retour de forces étrangères, insécurité croissante en Ituri, violences répétées… Il attribue ces reculs à la gestion du pouvoir depuis 2019, en opposition avec la situation qu’il dit avoir laissée à la fin de son mandat.
Sur le plan international, Kabila critique également la Belgique, qu’il accuse de perdre en crédibilité en soutenant les autorités actuelles. Toutefois, il reconnaît que certains acteurs belges tentent de rétablir une certaine justice.
Concernant le Katanga, il rejette toute idée de sécession, tout en soulignant le rôle stratégique de cette région dans l’équilibre politique du pays. Enfin, il appelle à un changement profond du système politique congolais, estimant qu’un simple remplacement des dirigeants ne suffira pas.
En conclusion, Joseph Kabila alerte sur les risques de déstabilisation du pays, évoquant même le spectre d’un scénario similaire à celui du Soudan, tout en réaffirmant son attachement à l’unité nationale et à une Constitution qu’il juge intouchable.
JOEL NDEWASA
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