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RDC : Kakobola enfin opérationnel — Un projet relancé par Tshisekedi



C’est une page importante de l’histoire énergétique de la République démocratique du Congo qui s’écrit. La mise en service du barrage hydroélectrique de Kakobola, intervenue jeudi sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, ne relève ni d’une improvisation ni d’un projet de dernière minute. Elle constitue plutôt l’aboutissement d’un long chantier entamé il y a plus d’une décennie, marqué par des interruptions, des retards et un manque de volonté politique.


Aujourd’hui, cette infrastructure stratégique redonne espoir à toute une région longtemps privée d’électricité.


Un projet ancien enfin concrétisé


Contrairement à certaines perceptions, le barrage de Kakobola ne date pas d’hier. Les premières étapes de ce projet remontent à 2010, avec la validation du financement. Les travaux de construction ont ensuite été lancés dès 2011, pour s’achever autour de 2016, sans toutefois déboucher sur une exploitation effective.
Pendant plusieurs années, le projet est resté quasiment à l’abandon.

Selon certaines sources proches du secteur énergétique, l’absence d’un réseau de distribution fonctionnel a empêché la mise en service de l’ouvrage, pourtant déjà opérationnel sur le plan technique. Ce n’est qu’avec l’arrivée au pouvoir du président Félix Tshisekedi que le projet a été relancé, jusqu’à son aboutissement.


Un chantier inachevé pendant des années


Le principal blocage du projet de Kakobola ne résidait pas dans la construction du barrage lui-même, mais dans l’absence d’infrastructures complémentaires.

En effet, bien que la centrale ait été achevée, le réseau de distribution n’avait pas été développé, empêchant toute exploitation de l’électricité produite. Ce retard a longtemps suscité des critiques au sein de l’opinion publique et des experts du secteur. Ce constat est confirmé par les autorités actuelles, qui ont fait de la relance de ce projet une priorité afin de combler ce vide énergétique.


Une mise en service historique pour le Kwilu


La mise en service du barrage de Kakobola représente aujourd’hui un tournant majeur pour la province du Kwilu. Située à environ 70 kilomètres de Kikwit, cette centrale hydroélectrique d’une capacité de 10,5 mégawatts constitue la première infrastructure de ce type dans la région depuis l’époque coloniale.


Elle est composée de trois turbines de 3,5 mégawatts chacune, et vise à alimenter plusieurs localités, notamment Kikwit, Gungu et Idiofa.
Selon les autorités, plus de 9 000 à 20 000 ménages devraient progressivement bénéficier de cette énergie électrique, marquant ainsi la fin de décennies de pénurie.


Un impact économique attendu


Au-delà de l’aspect technique, la mise en service du barrage de Kakobola est perçue comme un véritable levier de développement économique.
L’accès à l’électricité devrait :


stimuler les activités commerciales favoriser l’émergence de petites et moyennes entreprises réduire la dépendance aux groupes électrogènes coûteux selon plusieurs médias congolais, cette infrastructure pourrait transformer Kikwit en un véritable pôle économique régional.


Dans les secteurs sociaux, les bénéfices sont tout aussi importants : amélioration des services de santé modernisation des écoles renforcement de la sécurité grâce à l’éclairage public


Une vision énergétique plus large


Le barrage de Kakobola s’inscrit dans une stratégie nationale visant à améliorer l’accès à l’électricité en RDC, où une grande partie de la population reste encore non desservie.
Le pays dispose pourtant d’un potentiel hydroélectrique immense, estimé à environ 100 000 MW, soit l’un des plus importants au monde.


Dans cette dynamique, le gouvernement envisage déjà l’extension du projet avec la construction de Kakobola 2, une nouvelle centrale qui pourrait porter la capacité totale à environ 25 mégawatts.


Le rôle de Félix Tshisekedi


L’actuel chef de l’État est largement crédité pour avoir relancé ce projet resté en veille pendant plusieurs années. Dès son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi a fait de l’accès à l’électricité une priorité, notamment dans les provinces longtemps marginalisées. La mise en service de Kakobola est ainsi présentée comme l’illustration concrète de cette volonté politique.


Lors de l’inauguration, les autorités ont insisté sur le caractère historique de cet événement, soulignant qu’il marque une nouvelle ère pour la province du Kwilu.


Des défis encore à relever


Malgré cette avancée, plusieurs défis restent à relever pour garantir le succès à long terme du projet :


l’entretien régulier des installations
l’extension du réseau de distribution
la gestion efficace de l’énergie produite
Les experts estiment que sans une maintenance rigoureuse et une bonne gouvernance, les infrastructures énergétiques risquent de retomber dans les mêmes difficultés que par le passé.


Une leçon pour l’avenir


Elle rappelle l’importance :


d’une planification complète (production + distribution) d’un suivi rigoureux et d’une volonté politique constante

Conclusion


La mise en service du barrage de Kakobola est bien plus qu’une simple inauguration. Elle symbolise la renaissance d’un projet longtemps oublié et l’espoir d’un développement durable pour toute une région.


Après plus de dix ans d’attente, le Kwilu entre enfin dans l’ère de l’électricité moderne.
Mais une question demeure :
ce succès marquera-t-il le début d’une véritable révolution énergétique en RDC ?


L’histoire du barrage de Kakobola met en lumière un problème récurrent en RDC : celui des projets initiés mais non achevés.

JOEL NDEWASA | KINSHASA

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