L’arrivée à Kinshasa d’un premier groupe de migrants expulsés des États-Unis continue de susciter de vives réactions sur la scène politique et médiatique congolaise. Parmi les voix les plus critiques figure celle du journaliste exilé Pero Luwara, proche de la structure « Sauvons le Congo », qui n’a pas tardé à dénoncer cette opération jugée controversée.
Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, il s’est insurgé contre cette coopération migratoire entre Kinshasa et Washington :
Incroyable. La folie est allée jusqu’au bout. Les premiers migrants transférés par les États-Unis vers la RDC dans le cadre de l’accord bilatéral sont arrivés ce vendredi à Kinshasa à 1h du matin, après une escale technique à Accra au Ghana. »
Selon ses propos, ce premier contingent serait composé d’environ 15 personnes originaires d’Amérique latine, notamment de la Colombie, de l’Équateur et du Pérou. Des informations qui recoupent en partie celles de médias internationaux, qui confirment l’arrivée d’un groupe similaire dans la capitale congolaise.
D’après plusieurs sources concordantes, ces migrants ne sont pas de nationalité congolaise, mais ont été expulsés du territoire américain dans le cadre d’un programme dit de « pays tiers ». Ce mécanisme permet aux États-Unis de transférer certains migrants vers des États partenaires, en attendant une éventuelle réorientation ou un retour volontaire vers leurs pays d’origine.
Toujours selon ces informations, les personnes concernées ont été acheminées vers Kinshasa après une escale en Afrique de l’Ouest, avant d’être prises en charge par les autorités locales. Elles devraient bénéficier d’un hébergement temporaire et d’un accompagnement assuré notamment par des structures humanitaires internationales, dont l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Mais cette opération ne fait pas l’unanimité. Des critiques émergent aussi bien dans l’opinion publique que parmi certains acteurs politiques, qui s’interrogent sur les implications réelles de cet accord. Des organisations de défense des droits humains dénoncent notamment un manque de transparence et s’inquiètent du sort réservé à ces migrants, dont certains auraient initialement contesté leur expulsion devant la justice américaine.
Le gouvernement congolais, de son côté, avait indiqué que cet accueil serait temporaire et que chaque dossier serait examiné individuellement conformément aux lois nationales et aux impératifs de sécurité.
Dans ce contexte déjà tendu, la sortie médiatique de Pero Luwara illustre l’ampleur de la controverse autour de cette décision, sur fond de débats politiques et de crispations liées notamment à la situation sécuritaire dans l’Est du pays, marquée par le conflit persistant avec le mouvement rebelle M23.
Alors que d’autres arrivées de migrants pourraient suivre dans les prochains jours, cette affaire s’impose désormais comme un sujet sensible au cœur de l’actualité congolaise, mêlant enjeux diplomatiques, humanitaires et politiques.





