En République démocratique du Congo (RDC), la succession de Vital Kamerhe à la présidence de l’Assemblée nationale semble déjà se préciser. Un nom s’impose progressivement dans les discussions politiques : celui d’Aimé Boji Sangara, actuel membre de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et ministre sortant du Budget. Ce proche de Vital Kamerhe et du président Félix Tshisekedi apparaît désormais comme le favori pour occuper le perchoir du Palais du peuple.
Lundi, Aimé Boji Sangara a présenté sa démission du gouvernement, un geste hautement symbolique interprété comme une étape vers sa candidature à la tête de la Chambre basse du Parlement. Cette démission, bien qu’annoncée sans tambour ni trompette, a été confirmée par plusieurs sources tant au sein de la primature que dans l’entourage du ministre. Ni le gouvernement ni le cabinet de la Première ministre Judith Suminwa n’ont communiqué officiellement à ce sujet, signe du caractère stratégique et discret de cette manœuvre politique.
Selon des observateurs, le président Félix Tshisekedi aurait joué un rôle d’arbitre dans cette transition. Bien qu’il ait publiquement affirmé ne pas vouloir s’ingérer dans les affaires internes du Parlement, le chef de l’État conserve son influence en tant qu’autorité morale de l’Union sacrée de la Nation, la plateforme au pouvoir. Son avis pèserait donc lourdement dans le choix du futur président de l’Assemblée nationale.
Un choix politique et stratégique
Sauf retournement de situation, Aimé Boji Sangara, originaire du Sud-Kivu tout comme Vital Kamerhe, devrait lui succéder dans les prochaines semaines. Ce choix, selon plusieurs analystes, répond à des considérations à la fois politiques, géographiques et stratégiques. En désignant un cadre issu du même parti et de la même région que le président sortant, l’Union sacrée éviterait d’éventuelles tensions internes tout en préservant l’équilibre au sein de la majorité parlementaire.
Aimé Boji Sangara, réputé loyal et mesuré, est perçu comme une personnalité politique moins ambitieuse que Vital Kamerhe, ce qui pourrait rassurer certains poids lourds du pouvoir. En outre, cette succession pourrait marquer la volonté de Félix Tshisekedi de remodeler le leadership régional dans le Sud-Kivu. Le président chercherait, selon plusieurs sources, à encourager l’émergence de nouvelles figures politiques locales afin de réduire la domination d’un seul acteur sur cette province clé de l’Est du pays.
Une bataille interne en perspective
Reste désormais à fixer la date du scrutin interne pour élire le successeur de Vital Kamerhe, dont la démission officielle de la présidence de l’Assemblée a ouvert une période d’intenses tractations. Au sein de l’Union sacrée, plusieurs ambitions pourraient se manifester, même si le consensus semble se dessiner autour du nom d’Aimé Boji Sangara.
Dans les jours à venir, la majorité présidentielle devra donc conjuguer équilibre politique, unité de coalition et gestion des egos pour éviter une crise institutionnelle. Si sa candidature est confirmée, Aimé Boji Sangara aura la lourde tâche de poursuivre le travail de son prédécesseur tout en consolidant la cohésion au sein de l’Assemblée nationale et de la plateforme au pouvoir.
NDEWASA N’LANDU JOEL





