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Kinshasa : le procès du Dr David Balanganayi s’ouvre après l’agression d’une femme en plein accouchement

Le procès du docteur David Balanganayi s’est ouvert ce vendredi 27 mars 2026 devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole, siégeant en chambre foraine, dans une affaire qui continue de choquer l’opinion publique congolaise. Le praticien est poursuivi en procédure de flagrance pour avoir violemment frappé une femme qui venait d’accoucher dans un établissement hospitalier de la capitale.


À l’origine de cette affaire, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montrant un médecin infligeant des coups à une patiente en salle d’accouchement. Les images, largement relayées depuis le 25 mars, ont suscité une vague d’indignation à Kinshasa et au-delà. On y aperçoit une femme, en état de vulnérabilité extrême après son accouchement, subir des violences physiques et verbales sous le regard d’autres membres du personnel médical.


Selon plusieurs sources concordantes, les faits se sont déroulés à l’hôpital général de référence de Kinkole. La patiente présentait des complications post-accouchement lorsque le médecin aurait adopté un comportement jugé brutal et contraire à toute éthique professionnelle.


D’après des éléments rapportés, le conflit aurait éclaté après que la patiente a refusé d’être filmée, alors qu’elle se trouvait nue sur la table d’accouchement. Ce refus aurait déclenché la colère du praticien, qui se serait ensuite livré à des violences physiques injustifiables.


Face à l’émoi national, les réactions n’ont pas tardé. Des organisations de défense des droits humains, des acteurs politiques ainsi que plusieurs professionnels de santé ont dénoncé une violation flagrante de la dignité humaine et du code de déontologie médicale. L’ONG Sauvons la Corporation Médicale a notamment saisi l’Ordre des médecins, exigeant des sanctions exemplaires.


Au niveau institutionnel, le gouvernement a rapidement réagi. Le ministère des Droits humains a condamné des « traitements inhumains et dégradants », tandis que la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, a appelé à faire toute la lumière sur cette affaire et à garantir justice pour la victime.


Dans la foulée, le médecin incriminé a été interpellé puis mis à la disposition de la justice. Des mesures disciplinaires ont également été annoncées, allant jusqu’à sa radiation de l’Ordre des médecins selon certaines sources, signe de la gravité des faits reprochés.


L’ouverture du procès marque ainsi une étape décisive dans cette affaire qui relance le débat sur les violences obstétricales en République démocratique du Congo. De nombreuses voix s’élèvent désormais pour exiger une réforme en profondeur du système de santé, notamment en matière de respect des droits des patientes et de formation éthique du personnel médical.


Au-delà du cas individuel du Dr Balanganayi, ce procès est perçu comme un test pour la justice congolaise. Il pourrait faire jurisprudence et servir de signal fort contre l’impunité dans les milieux hospitaliers, où les patients, en particulier les femmes, sont souvent en situation de grande vulnérabilité.


Alors que les audiences se poursuivent, l’opinion publique reste mobilisée, attendant une décision exemplaire qui pourrait marquer un tournant dans la protection des droits des malades en RDC.

JOEL NDEWASA

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